Je sorti la tête de l'eau en léchant l'air de toute mes forces. J'aimais la sensation de vide éperdu tout autour de mon être, de mon corps lorsque celui ci était plongé dans l'eau glacée de la mer. Pendant quelques secondes, à peine quelques secondes j'étais immergée au plus profond d'un abîme de quiétude.
Cela faisait déjà 2 ans que je m'étais installée seule dans ce petite cottage reculé dans les dunes. Je l'avais acheté avec l'héritage de ma grand-mère qui venait de décédé. Je n'étais pas triste. Cela faisais longtemps que je m'étais faite à l'idée d'être seule. Jeanne, ma grand-mère n'avait été pour moi qu'une tutrice tolérant ma présence auprès d'elle. Elle ne m'avait apporté ni l'amour d'une mère, ni le soutien d'un père. Tout juste la sévérité d'une femme aussi seule que je l'étais.
Je nageai vers la plage ou j'avais abandonné mes vêtements le temps d'une heure, me vêtis d'eux et retournai au cottage. Aujourd'hui était une journée comme les autres pour le reste du monde mais, pour moi, il s'agissait de l'anniversaire de la mort de mes parents, s'était aussi le jour de mes 20 ans.
J'étais seule. Je me sentais seule. Mais rien au monde ne m'aurais fais quitter cet havre de paix qu'était ma maison. Il était 13h, J'ouvris mon frigo et en sortis un éclair au chocolat, je plantai une bougie dessus et l'allumai.
-Camille, Je te souhaite un joyeux anniversaire!
La solitude vous amenait souvent à vous parler vous même à voix haute. Avant de souffler ma bougie mon souhait fut de trouver un jour quelqu'un pour croire en moi. Mais comment peut on croire en quelqu'un qui a perdu toute forme de confiance en elle, en la vie et en autrui?
Je me forçai à me souvenir, comme je le faisais chaque année à cette date, de la mort de mes parents. Pour ne pas désassortir avec la banalité de leur vie, ils avaient trouvé la mort dans un accident de voiture. J'avais 7 ans et je me trouvais sur la banquette arrière. curieusement c'est l'objet de ma désobéissance qui m'avais sauvée la vie, malgré les réprimandes de mon père, j'avais refusé de mettre ma ceinture de sécurité et avais eu tout juste le temps de m'extirper de la voiture avant que celle ci ne s'élance dans le vide pour s'écraser quelques dizaines de mètres plus bas dans le ravin. Je n'avais que 7 ans et je n'avais jamais su ce qui s'était passer exactement. Je me souvenais juste de l'instant ou j'avais compris que je devais à tout prix sauter de cette voiture.
Ma mère s'appelait Gaëlle et mon père Alexandre. Ils n'étaient pas parfais mais je les aimais autant qu'ils m'aimaient et rien n'avais jamais pu combler la perte de cela.